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vendredi 17 mars 2017

Mon soutien à Hamon

J'ai beau être élue, je me considère comme une électrice lambda. Et quand j'observe le spectacle que nous donnent certains en ce moment, je suis perdue, déçue, dégoutée...

Les hommes politiques, au niveau national, ne semblent pas dignes de confiance : on ne paye pas ses impôts, on embauche des membres de sa famille pour des emplois surpayés, on se fait offrir des costumes hors de prix par des gens louches, on ne se rend pas aux convocations de justice, mais surtout, jour après jour, on renie sa parole, on se dédit, on se contredit, on trahit la confiance de ceux qui nous ont élu...

Au niveau local ? C'est un peu pareil, non ? On déclare, main sur le coeur, qu'on est pour une oxygénation de la vie politique, qu'on ne pense pas qu'à sa carrière, on se fait élire, pourtant, à plusieurs postes sous une bannière (grâce à un appareil, des militants, des tracts, des affiches...), puis on décide de changer son fusil d'épaule, sans abandonner pour autant les précédents mandats, pour soutenir le candidat à la mode, sous le prétexte fallacieux de la lutte contre Le Pen - comme s'il n'y avait pas un autre candidat pour contrer Le Pen, mais l'on nous refait le coup de 2007 et on ne le soutient pas - , mais surtout pour profiter du sens du vent, quitte à abandonner ses valeurs (ou celles de ceux qui nous ont élus...)

Il semble que rien n'est impossible dans cette campagne présidentielle. La première des incongruités est sans doute cette impression que certains ne se soucient à aucun moment de ce que peuvent penser les électeurs : Fillon répond "Et alors ?" quand on parle des cadeaux suspects qu'il reçoit, il refuse de se retirer, se reniant, puisqu'il avait promis de le faire en cas de mise en examen.

Ne parlons pas de Le Pen, en aucun cas sa posture est digne d'une représentante du peuple : elle refuse de se soumettre à la loi, notamment, en plus de proposer des solutions simplistes et dangereuses, entraînant inévitablement la haine.

Macron se dit "un peu de gauche" et des caciques du PS le rejoignent, cependant, son programme est libéral et pas socialiste : n'oublions pas qu'il veut économiser 60 milliards d'euros sur le budget de l'Etat sur cinq ans, dont 25 milliards sur la seule «sphère sociale». Il veut réduire de 15 milliards les dépenses liées à l'assurance maladie. Il ambitionne de réduire de 10 milliards d'euros les dépenses de l'assurance chômage. Si ce n'est pas tromper l'électeur de gauche, il faut m'expliquer...

Bref...On se fiche de nous.

Pendant ce temps, Hamon a été élu par les militants. Il fait une campagne honnête en parlant de vrais sujets de société, en proposant aussi une vision de société qui a le mérite d'ouvrir des perspectives. Il ne nous prend pas pour des imbéciles : il est conscient par exemple, que le revenu "universel" (si mal nommé, puisque son but n'est pas de le distribuer à tout le monde, c'est évident) sera à mettre en place de manière raisonnée et graduelle. Il parle aussi d'environnement, d'économie verte, de mutation du monde du travail. Il me semble qu'il voit un peu plus loin que le bout de son nez.

Un peu plus loin que le bout de sa propre carrière.

Nous sommes à un tournant de l'histoire, nous entrons dans une ère nouvelle : nous ne pouvons plus raisonner comme il y a 50 ans et Hamon est un utopique utile. A nous de le porter, de faire campagne avec lui, défendre ses idées, de ne pas le considérer d'emblée battu avant d'avoir combattu, sur la foi des sondages qui ont si souvent tort, à nous de relever nos manches pour bâtir un autre monde que celui du libéralisme déshumanisé qu'on nous vend depuis tant d'années...


samedi 6 février 2016

Faire un discours

Photo S.Salmi, Ville d'Audincourt
Il me semble qu'il n'y a rien de plus angoissant que de parler en public. On me dit pourtant qu'en étant prof, c'est facile. Mais cela n'a rien à voir.

Catherine Domon, notre adjointe à la culture, était absente pour l'inauguration de la quinzaine des Littératures étrangères et elle m'avait confié la lourde tâche de faire le discours lors du vernissage de l'exposition à Gandhi.

Alors voilà...J'ai eu très peur, j'ai tremblé, j'avais la bouche pâteuse, j'ai sans doute un peu bégayé...Je me disais que le public serait sans doute lettré et exigeant et qu'il fallait que je remplace dignement Catherine et que je représente correctement ma ville...


Bonsoir à tous et bienvenus à Gandhi pour inaugurer le Festival des Littératures Etrangères. 

Plusieurs personnes se sont excusées, tout d’abord : Marie-Guite DUFAY, pour la région Bourgogne Franche-Comté, Mme BOUQUIN pour le département, Charles DEMOUGE, président de PMA, M. TCHOBANIAN, maire de Sainte Suzanne, M. BUCHWALDER, maire de Seloncourt, la municipalité de Bethoncourt... 

Martial BOURQUIN était à Paris pour les questions d'actualité, mais il va nous rejoindre très bientôt. 

Enfin, nous tenons à excuser Catherine DOMON, notre adjointe à la culture, qui cette année est partie visiter un des pays invités ! Alors que nous assistions hier soir à une conférence passionnante sur le Taj Mahal ici même à Gandhi, avec Christian GUILLEMOT, de l’association franco-indienne de Franche-Comté (qui est une précieuse partenaire : merci à Marie Claire KENIL), Catherine a la chance de visiter ce chef d’oeuvre architectural ! 

Elle a de la chance, mais nous aussi : nous avons ici une exposition avec des photos magnifiques de Jean-Louis NOU, prêtées par l’association franco-indienne de Franche-Comté…Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à observer la finesse et la richesse des détails de ce palais merveilleux ! 

Vous pourrez admirer aussi les photos de l’association Les Enfants des Comores, de l’artisanat, à l’étage…Une belle expo ! 

J’ai donc l’honneur d’inaugurer cette 24e édition du festival des Littératures Etrangères, manifestation qui nous tient à coeur, à Audincourt. C’est aujourd’hui un véritable festival, initié dans le but de faire découvrir d’autres cultures, d’autres littératures, d’autres traditions, à travers les livres et les rencontres de leurs auteurs.
Depuis 24 ans, la manifestation essaime : Bethoncourt, Mandeure, Montbéliard et Seloncourt participent. 

Cette année, nous découvrons l’Océan Indien ! Voilà de quoi nous faire rêver et nous réchauffer. On a l’honneur de recevoir Nassuf DJAILANI, originaire de Mayotte, auteur de pièces de théâtre, de nouvelles et de recueils de poèmes, un auteur polygraphe. Nous aurons l’occasion de faire mieux sa connaissance demain soir, à la librairie des Papiers Bavards, à 19h30. 

Nous devions rencontrer aussi Shumona SINHA, romancière originaire du Bengale. Malheureusement, elle est retenue pour des raisons professionnelles et s’excuse de ne pas pouvoir être parmi nous. Je vous conseille tout de même ses romans : Assommons les pauvres, qui a obtenu le prix Valéry-Larbaud en 2012. 

Ces deux auteurs nous parlent d’ailleurs et de désir d’ailleurs, d’exil, d’espoir de vie meilleure… 

Et c’est bien cela qui pourrait être un fil conducteur pour toutes les rencontres et les expositions, cette année : nous, Européens, nous sommes attirés par la richesse de ces cultures, par la splendeur du Taj Mahal, par la beauté des danses (que nous pourrons admirer aux Trois Oranges, samedi 30 à 20h30, SOULAIMAN), par l’incroyable diversité des contes, par toute la spiritualité, tout le symbolisme de cette tradition orale (je vous invite d’ailleurs à consulter le programme pour ne pas manquer les contes d’Angeline BROCHOIRE…) et pourtant, malgré toutes ces splendeurs, tous ces paysages qui nous fascinent, depuis peut-être, l’époque coloniale, depuis Bernardin de Saint-Pierre ou depuis Baudelaire, les hommes et les femmes qui vivent là-bas sont tentés par l’exil… 

Baudelaire posait déjà cette question à une belle habitante de la région de Malabar, au sud ouest de l’Inde, en 1840 : 

 « Pourquoi, l'heureuse enfant, veux-tu voir notre France,
Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance,
 Et, confiant ta vie aux bras forts des marins,
 Faire de grands adieux à tes chers tamarins ?
 Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles,
 Frissonnante là-bas sous la neige et les grêles,
 Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs,
 Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs,
 Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges
 Et vendre le parfum de tes charmes étranges,
 L'oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards,
 Des cocotiers absents les fantômes épars ! » 

Peut-être que nous trouverons des réponses dans les nouvelles de Nassuf DJAILANI, dans les romans de Shumona SINHA, dans l’exposition que nous pouvons admirer ce soir, à Gandhi et jusqu’au 7 février, ou dans celle de la bibliothèque de Bethoncourt ou dans bien d’autres événements que je vous invite à découvrir pendant ce festival, concocté par Léa HUGUENIN-VUILLEMIN et Hadda BENABDELLAH, nos bibliothécaires passionnées ! Je tiens également à remercier le service culturel dans son ensemble qui vous offre, tout au long de l'année, de belles manifestations qui nous rapprochent ! En attendant, je vous invite à partager le verre de l’amitié…"

samedi 14 novembre 2015

#13Novembre

Voir défiler les photos et les noms des personnes disparues ou n'ayant pas donné de nouvelles depuis hier soir, dans Twitter, me donne des frissons d'horreur.

Un public familial s'était réuni hier soir au Bataclan pour un concert, un moment festif et agréable. Des familles, des couples d'amoureux, des copains étaient sortis au restaurant, la soirée était douce et le week-end commençait.

Des fous sont allés frapper le coeur du bonheur, le coeur de la vie. Je veux présenter mes condoléances les plus sincères aux familles et les proches des victimes...Toutes mes plus profondes pensées de soutien les accompagnent.

Ils veulent nous effrayer, nous terroriser.

Il est indispensable de se mettre en sécurité, tout d'abord. Il faut être prudent : c'est pour cela que ce matin, en bureau de majorité, nous avons pris la décision de ne pas faire de rassemblement. Pas pour l'instant. Il faut laisser passer l'émotion, il faut que la situation se stabilise et que nous puissions entrer dans le recueillement nécessaire au deuil.

Il faut aussi nous rendre solidaires, il faut aussi parler, communiquer...C'est indispensable et comme beaucoup, sans doute, j'en ressens le besoin. On peut manifester sa solidarité autrement qu'en nous rassemblant : on peut mettre des bougies à nos fenêtres, changer les avatars de nos comptes de réseaux sociaux, nous pouvons téléphoner aux personnes que nous aimons, celles qui vivent à Paris, celles qui seront les plus touchées par ces attentats odieux...

La ville d'Audincourt a mis ses drapeaux en berne. Nous allons tout faire pour assurer la sécurité des biens et des personnes...Mais la vie doit continuer, aussi. Il est important que la vie continue. La peur est la pire des conseillères.



Les mesures qu'impose l'état d'urgence sont celles qui doivent nous permettre de nous relever après ces événements, sans oublier les valeurs fortes qui constituent notre nation : liberté, égalité, fraternité. Ne tombons pas dans la facilité des amalgames : les criminels qui ont agi hier soir sont les seuls coupables de leurs actes. C'est eux qu'il faut traquer et punir.

Céline DURUPTHY



vendredi 11 septembre 2015

L'humanité, sans restriction

Le monde est entrain de changer, sous nos yeux. Certains ont du mal à l'accepter. Le monde change et les valeurs portées par la vielles Europe sont entrain de gagner.

Cela a commencé avec la fin de la colonisation : nous sommes entrés dans un monde ouvert, dans lequel non seulement les marchandises s'échangent, mais aussi les êtres humains. Nous avons découvert que nous étions faits pour les mixages, les mélanges, les additions de cultures...Nous avons découvert des manières différentes de vivre, de s'habiller, de manger. J'aime trop les nems et les tajines pour ne pas le remarquer...Que mangeait-on avant ? Et que tout cela est plus riche, plus intéressant aujourd'hui.

C'est perturbant, c'est peut-être parfois effrayant, parce que c'est relativement nouveau. Mais il serait de mauvaise foi de dire que c'est mauvais. Et l'addition de cultures ne retranche rien à la nôtre : cela la renforce, même. La culture française est toujours prisée à l'étranger : les croissants, la gastronomie, la mode, le luxe, les vins...La France fait toujours rêver pour ce qu'elle a d'éternel : son charme, sa Provence, Paris, la Bourgogne, la Champagne ou les Alpes...

Il n'y a guère que la propagande du FN pour nous faire croire au déclin. Nous ferions mieux d'être fiers de ce que nous sommes et prôner nos valeurs les plus profondes : celles des Lumières et de la Révolution française, celles des droits de l'Homme.

Accueillir quelques familles ici, à Audincourt, c'est une évidence. Une ville comme la nôtre, qui célèbre la paix, qui affiche sur ses murs cette citation d'un conseil municipal de 1978 :

ou encore cette citation d'Aimé Césaire :

...cette ville ne peut pas se permettre de ne pas aider les réfugiés fuyant la guerre. Et elle a tout à y gagner...

Céline DURUPTHY

mardi 24 mars 2015

On ne vote pas pour ou contre Hollande, dimanche !


Le lendemain du premier tour, ce lundi, j'ai croisé beaucoup de gens surpris, déçus et tristes du résultat de la veille. Comment le FN a-t-il pu se trouver si haut, ici, à Audincourt alors qu'une véritable politique sociale et culturelle est menée depuis tant d'années ?

Il y a plusieurs explications : l'abstention est la première. Si ce ne sont que les gens mécontents qui vont voter, alors on a un vote de colère. C'est un peu comme ces sites qui notent les restaurants : parfois, il n'y a que ceux qui ont mal digéré qui mettent des commentaires, même si ce qu'ils ont mangé était excellent, mais que leur estomac ne l'a pas supporté...

Dimanche prochain, donc, il faudra aller voter pour exprimer sa satisfaction ! Voter positif ! Voter pour dire que nous sommes satisfaits de la politique menée depuis des années par Paul Coizet, par exemple : la nouvelle maison de retraite, le collège rénové, les transports scolaires gratuits...

La seconde raison, il me semble, c'est une sorte de confusion. Un voisin croisé dans l'ascenseur me disait qu'il ne comprenait pas grand chose à la politique, et je le comprends...Moi non plus, quand je regarde les infos, je ne comprends pas toujours ce qui se passe : corruption, affaires, magouilles en tout genre. Pourtant, maintenant que j'en fais un peu, de la politique, localement, modestement, je comprends mieux : la politique, avant tout, surtout au niveau des communes et des cantons ou de la région c'est une affaire de dossiers, de compétences, de projets. Ce sont des choix : est-ce qu'on va faire le choix d'investir dans la construction d'une route ? Est-ce qu'on va faire le choix d'augmenter les impôts ? Est-ce qu'on va faire le choix de donner un peu moins à telle ou telle association, au profit d'une aide plus grande aux personnes âgées ?

Ce sont des choses très concrètes, c'est un budget à défendre, avec conviction, pour faire au mieux pour les citoyens. 

Les choix de la gauche sont clairs, depuis des années : on développe l'aide aux plus démunis, on met le paquet sur l'éducation, sur l'avenir de nos enfants, on développe des politiques culturelles accessibles au plus grand nombre...

Les choix du FN sont tout aussi clairs : dès qu'ils sont arrivés, en mars dernier, dans les villes où ils ont été élus, ils ont augmenté leurs indemnités, ils ont coupé l'aide aux associations sociales et culturelles et ils ont privé de cantine les enfants de chômeurs...Beau programme...

Dimanche, il faudra faire de la politique : faire un vrai choix. Pas voter vaguement contre Hollande, parce que ce n'est pas la question posée.

Il faudra prendre nos responsabilités. Il faudra faire un choix républicain et responsable.

Céline DURUPTHY

mercredi 18 mars 2015

Des élections ? Encore !

Eh oui ! Bien que les médias n'en parlent pas autant que la dernière fois et que la ville, ce coup-ci, ne grouille pas de journalistes parisiens, nous votons ce dimanche et le suivant. 

Pour les départementales. Ce qu'on appelait avant les cantonales. Les cantons ont un peu changé, se sont agrandis : le nôtre comprend maintenant les villes d'Arbouans, Audincourt, Badevel, Dampierre-Les-Bois, Dasle, Hérimoncourt, Seloncourt, Taillecourt et Vandoncourt. Cela représente un peu plus de 30 000 personnes.

Les grands médias en parlent peu : Paris n'est pas concerné, ça joue...Et puis les grands médias ne parlent que du FN. C'est pourtant les candidats qui font le moins campagne. A croire qu'ils ne veulent pas être élus. Cela représente un mystère et les médias aiment bien les mystères...De là à voter pour ces gens que même les reporters de l'Est Républicain n'arrivent pas joindre, il y a un pas à ne pas franchir. Comment confier la gestion des maisons de retraite, des collèges, du transport scolaire, des routes, des casernes des pompiers et j'en passe, à des gens qui n'ont aucune envie de se saisir des dossiers et d'ailleurs aucune compétence pour le faire.

Mais les gens votant pour le FN se défaussent parfois en disant qu'ils ne votent pas pour le FN, mais contre les autres. Malheureusement, quand le FN sera au pouvoir, c'est bien parce qu'ils auront été élus, qu'on aura voté pour eux et pas contre eux. Et ce seront eux qui géreront les collèges, les maisons de retraite, les routes, les transports scolaires, ce seront eux qui décideront des subventions pour la culture et pour les associations d'aide aux personnes...

Nationalement, le programme du FN est globalement connu : couper les aides aux plus démunis (c'est le Conseil Général qui verse le RSA...), supprimer les aides aux associations, la culture qui se limite au "bon goût" de Jean-Marie Le Pen...Localement, il n'y a pas de programme concret, pas de projet...

Quand à la droite, localement, elle n'est pas beaucoup plus loin derrière : on voit ce que ça donne à l'agglo : pas de projet, pas d'ambition, pas d'investissement. Regardez à Montbéliard : Mme Biguinet ne profite même pas de l'opportunité de moderniser le réseau de bus, parce que ça coûte trop cher ! Un territoire attractif, vivant, nécessite des investissements : il faut innover, moderniser, c'est cela, la politique. C'est ce qui se passe par exemple, (au hasard !) à Audincourt : bientôt, une nouvelle école, des nouveaux commerces, un marché rénové, un centre ville encore plus beau ! Le résultat ? C'est que la population augmente ici quand elle baisse ailleurs !

Bref, dimanche, votons pour un territoire qui bouge ! 

lundi 2 février 2015

Audincourt, capitale du monde !

Audincourt, ces derniers jours, était un peu la capitale de la France. C'est étonnant pour ce "petit bourg de 15 000 habitants sous la neige", comme tous les médias se sont plus à le répéter hier, en boucle, sur fond d'images de pieds dans l'isoloir (mais avec des bottes de neige), de mains glissant le bulletin dans l'urne (mais avec des gerçures) et de dépouillement (en col roulé, bien sûr...)

J'étais au bureau de vote des Forges, hier et vous avez été à peine 25% à venir me voir. 

L'abstention m'effare...pas seulement parce que je me suis levée tôt ce matin pour vous attendre, mais parce que je crois que c'est une insulte à la démocratie, que d'avoir un droit et de ne pas s'en servir. Il y avait pourtant le choix : 13 candidats. 13 programmes, très variés...Si l'on ne trouve pas son compte parmi 13 programmes, il y a toujours la possibilité de l'exprimer en votant blanc. Mais laisser les autres choisir à sa place, c'est parfaitement stupide.

Ceux qui sont venus ont fait des choix. Des choix discutables, mais des choix qui signifient quelque chose. 

Il y a eu le choix de ne pas faire confiance à l'UMP, d'abord. On peut le dire : c'est une sacrée claque pour ce parti d'opposition. Charles Demouge était-il un candidat Sarkozyste ? C'est ce qui se murmurait avant le scrutin. Aujourd'hui, les mêmes "murmureurs" disent que c'était un poulain de Juppé. C'est parfaitement ce que l'électorat déteste, ces querelles d'égo ! Pas tellement de surprise, finalement. Mais il n'y a pas que cela : il y a eu une fin de campagne dégueulasse, osons le mot. Une vidéo postée sur internet et relayée de facebook en twitter FN, avec des propos sortis de leur contexte, qui a clairement fait le jeu du FN. Et finalement, le constat que l'électorat droite traditionnelle se durcit, se radicalise et ne fait plus tellement la différence entre un candidat républicain et un candidat extrémiste. A qui la faute ? 5 ans de Sarko rabâchant sur les thèmes de l'insécurité et de l'identité nationale, peut-être...

Il y a eu le choix de voter pour le FN, aussi, donc. Ce n'est ni la première fois, ni une surprise. Je ne veux pas croire que c'est un vote de contestation. Il y avait d'autres moyens de contester : voter blanc, voter nul, voter pour tel ou tel candidat un peu original - et il y en avait foison -, voter pour le Front de Gauche, les Communistes ou Lutte Ouvrière...On peut contester de diverses manières. Mais quand on conteste en donnant son quitus à un parti d'extrême droite, raciste, populiste, agitant le fantasme d'une guerre de civilisation, on exprime autre chose. Soit que l'on est convaincu de ce discours, soit qu'on se laisse berner par des discours qui ne sont jamais suivis d'effet. Regardons un instant les méthodes de ces mairies devenues frontistes en mars dernier pour nous en convaincre : réduction des aides sociales, fin de la gratuité de la cantine pour les plus démunis, réductions des actions culturelles, suppression des subventions pour les associations à caractère social, hausse des salaires des élus, exclusion des marchands maghrébins du marché...Comment peut-on croire, sérieusement, que ces gens-là seront au service d'une population qui souffre ? Je vous invite à écouter l'émission de France Inter à ce sujet (Interception, dimanche 1er février 2015)

Enfin, il y a eu le choix de voter pour le candidat PS, Frédéric Barbier. C'est le choix de la raison : en effet, qui mieux que lui peut peser en notre faveur dans la politique nationale : il fait partie de la majorité au pouvoir, il a sa voix à l'assemblée, il a déjà l'expérience nécessaire pour cela, il est sur le terrain, il est proche des gens, accessible et il habite ici ! Il a l'héritage d'une gauche qui a déjà fait beaucoup pour le Pays de Montbéliard : oui, il y a eu embauche chez PSA, oui, Hermès est venu s'installer ici et pas ailleurs, oui, les mairies gérées par la gauche sont les seules à proposer une politique proche des gens, sociale et culturelle. Il fait partie de cette majorité qui met en avant l'éducation et qui ouvre aussi des postes dans la police.

Bref, c'est le choix raisonnable. C'est celui qui nous sera utile. A quoi bon envoyer au gouvernement une personne qu'on ne voit jamais sur le terrain et qui n'a pas l'intention de faire quelque chose de son mandat...rappelons juste qu'elle a été élue à Montbéliard en mars et qu'elle a démissionné !

Mercredi, venez vous faire votre idée au Foyer pour un meeting avec Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, pour soutenir Frédéric Barbier.

Et à dimanche...Vous viendrez me voir, cette fois ?

Céline Durupthy.

dimanche 11 janvier 2015

Pourquoi sommes-nous Charlie ?


Nous sommes issus de la Révolution Française, de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen. Nous sommes issus des deux siècles d'histoire qui ont suivi.

Nous sommes issus de familles où l'on aime débattre, dans lesquelles, même si l'on n'est pas d'accord, on finit toujours par se réconcilier autour d'un bon verre ou d'un bon repas. 

Dans ma famille, il y avait ma grand-mère qui allait à la messe tous les dimanches et il y avait mon grand-père qui lisait le Canard enchaîné tous les mercredis. Mais mon grand-père, même s'il était un peu bouffeur de curés sur les bords, respectait évidemment la foi de sa femme. Mais, ma grand-mère, même si elle râlait un peu contre les mécréants et qu'elle n'aimait pas bien quand son mari entonnait du Georges Brassens, était très attachée à l'idéal social et démocrate, profondément laïque...

Nous avons acquis cette liberté d'opinion, d'expression, de pensée, au bout de très longs siècles de monarchie absolue. 

Il y a des gens qui l'ignorent et c'est notre mal. Je suis une éducatrice et je sais que mon devoir est d'expliquer cela. De transmettre cette longue histoire qui fait de nous ce que nous sommes.
Ces journaux satiriques sont là pour se moquer des puissants de notre monde, pour les désacraliser. Pour rappeler, inlassablement, que nous sommes tous humains, tous égaux face à la vie, face à la mort. Que même pape, que même banquier, que même président de la République, que même prophète, nous sommes tous confrontés aux mêmes incertitudes, à la même condition humaine : nous sommes toutes et tous confrontés à la vieillesse, à la déchéance, aux tentations, à la bêtise, à la maladie...Nous souvenir de cela, avec humour, surtout, non pas pour nous mortifier et pour désespérer, non, mais pour dédramatiser, pour désacraliser, pour brûler les idoles. Pour trouver la paix. Pour profiter de ce qui est beau, de ce qui est doux...

Les dessins de Wolinski vont me manquer : ces belles femmes qu'il aimait tant et qu'il croquait si bien était sans doute les héritières de celles de François Boucher. 

Les chroniques de Bernard Maris vont terriblement me manquer : il savait rendre l'économie accessible, il savait expliquer simplement la bourse et le CAC, il savait aussi faire des portraits des puissants, héritier des Caractères de La Bruyère.

Les dessins de Cabu, que j'ai découverts, comme beaucoup de gens de ma génération, chez Dorothée, étaient toujours plein de tendresse. Et j'ai lu souvent les chroniques du Beauf, dans le Canard, en éprouvant cette délicieuse impression d'interdit...La subversion était toujours tendre.

Les dessins d'Honoré, qui ressemblaient à des gravures du XIXe siècle, étaient toujours d'une grande beauté : des noirs et blanc splendides, des traits tellement assurés, géométriques, rassurants. Et une ironie qui nous poussait toujours à la réflexion, dans Charlie, mais pas seulement : dans Le Monde, Libé, Les Inrocks...

Charb était un résistant. Il avait le côté bravache des sales gosses. Ses dessins étaient de vraies caricatures, comme celles que font les collégiens sur leur cahier, pour se moquer du prof. Il a fait des tas de dessins pour se moquer des extrémismes. De tous les extrémismes, dans toutes les religions. Son message était celui de Voltaire : Ecrelinf ! Ecrasons l'infâme, les superstitions et le fanatisme.

Et tous les autres...Merci à eux et à bientôt...

Bref, c'est un peu de notre culture et de notre histoire que ces terroristes ignorants ont voulu tuer. A nous, désormais de continuer cela, de perpétrer cette tradition d'impertinence et de réflexion. 

Céline DURUPTHY

jeudi 25 septembre 2014

Hervé Gourdel est mort parce qu'il était Français

La stupeur et la peine sont immenses, depuis hier.

Cet homme, c'est un peu chacun d'entre nous, nous sommes tous Hervé Gourdel : un passionné de montagne, un voyageur...Il aimait l'Algérie et ses paysages.

Comme l'a dit François Hollande hier soir, il est mort parce qu'il était Français, parce qu'il faisait partie d'un pays qui défend la liberté contre la barbarie...

Il est mort parce que des fous, en réalité, des hommes sans foi, sont devenus des barbares et se sont mis hors de toute humanité.

Parce que les mots me manquent et parce qu'il y a des gens qui ont plus de légitimité que moi pour parler de cela, je cite Asif Arif : (Elève-avocat au Barreau de Paris, chargé d'enseignement à l'Université de Paris Dauphine et Directeur du site internet Cultures & Croyances. Auteur, aux éditions l'Harmattan, du livre : "L'Ahmadiyya : un Islam interdit")

"En abattant, de sang froid, cet innocent amoureux de l'Algérie c'est l'Humanité toute entière qu'il a heurtée, blessée, indignée. Ne savait-il pas que le Fondateur de l'islam avait affirmé que "tuer un homme revient à tuer l'humanité toute entière"?"
A Audincourt, à 17h, devant l'hôtel de Ville, nous nous retrouverons pour rendre hommage à Hervé Gourdel.

Pensées attristées ses proches.


lundi 4 août 2014

Le Bloody Week-End 2015 est annoncé !

Le Bloody Week-End 2014 était grandiose, déjà : fantastique, horrifique, à mourir...de rire...ou de peur...international...

On y croisait des zombies, des cops américains, des reconstitutions de scène de crime comme au ciné, des conférences dérangeantes, des projections de courts-métrages tous stupéfiants et créatifs, des maquillages plus vrais que natures, des fans, des cosplays, Star Wars, des fourmis géantes attaquant la Tour Eiffel, un concours de cris, des dessinateurs, des auteurs, des collectionneurs...

C'est bien simple, au Bloody Festival, il y a en a pour tous les goûts : c'est pour ceux qui ont aimé Blair Witch Project, Frankenstein, Chewbacca, pour ceux qui se déguisent en Superman dans leur salle de bains, pour les accros à la série Big Bang Theory, pour ceux qui ne jurent que par Tolkien ou pour ceux qui relisent Harry Potter tous les étés. 

Cette culture-là est parfois un peu méprisée et pourtant, c'est une culture à part entière et c'est bien cela que Loïc Bugnon, le créateur du festival, cherche à montrer. Il y réussit tellement bien que des stars internationales se pressent désormais à Audincourt : en mai, on a eu la chance de croiser sur le festival, l'acteur Laurence R. Harvey (mais si, vous l'avez déjà vu !), Mick Garris, le réalisateur spécialiste de Stephen King, ou encore LA gueule de méchant du ciné français Philippe Nahon. 

Bref, c'est du lourd. Et l'année prochaine, ce sera encore mieux. Pour preuve, la magnifique affiche qui nous donne déjà l'envie d'y être. 

Et on y sera !

mercredi 30 juillet 2014

Soutien au centre de Périnatalité de Proximité de Lucine

Nous avons la chance à Audincourt d'avoir une municipalité qui privilégie les services publics de proximité.

Ainsi, depuis de nombreuses années, la priorité est mise sur le maintien d'un service de gynécologie et un centre de périnatalité de proximité dans les locaux du site Lucine.

Aujourd'hui, malgré les nombreux investissements et le soutien actif de la mairie (les locaux sont prêtés, charges comprises, même le ménage est effectué par les services municipaux, des travaux énormes ont été réalisés...), la direction de l'hôpital a décidé de manière unilatérale de fermer ce service...

Le 30 septembre qui vient sera donc peut-être la fin de ce service qui s'adresse à toutes les mamans et toutes les futures mamans d'Audincourt et des environs. C'est pourtant un service apprécié : ce matin, nous avons rencontré les femmes travaillant dans ce service et nous avons entendu leur colère et leur indignation face à cette décision venue d'en haut et pleine de mépris pour leur travail. En effet, il faut dire que ce service, à temps partiel, accueille 2000 femmes par an. Il en accueillerait encore plus à plein temps, c'est certain.

Nous avons rencontré aussi des utilisatrices : de jeunes mamans contentes d'avoir pu trouver près de chez elles une préparation à l'accouchement puis un accompagnement, dans un cadre chaleureux où elles ne sont pas considérées comme des numéros...

Pour signer la pétition de soutien, c'est ici : cliquez, signez et n'hésitez pas à partager !

lundi 30 juin 2014

Rencontres et Racines

Le 25ème anniversaire de Rencontres et Racines fut un grand cru ! Un anniversaire, certes, très arrosé, mais les festivaliers ne s'arrêtent pas à quelques gouttes d'eau : ils ne sont pas en sucre, la musique les réchauffe et la solidarité est leur soleil.

Rencontres et Racines, c'est un festival à l'ambiance unique. Ceux qui le vivent et qui reviennent chaque année, sont des gourmands, des bons vivants...Ils viennent déguster des spécialités de tous les pays, ils viennent écouter de la musique du monde entier. Ils viennent boire des petits punchs en dansant sur de l'électro du groupe colombien Systema Solar !

Quand ils achètent des pitayas au thon à l'association Kawral, ils se régalent, mais ils participent aussi à la construction d'écoles au Sénégal...Ce n'est qu'un exemple, parmi des dizaines ! 

Rencontres et Racines, c'est donc être solidaires sans s'en rendre compte (mais aussi en en étant conscient : c'est l'esprit de ce festival...)

Et puis cette année, on a eu une très belle programmation. J'ai particulièrement apprécié Systema Solar, donc...Tellement de chaleur dans cette musique électro !


J'ai évidemment adoré retrouver Les Têtes Raides : des textes aussi forts, plein de références à la chanson françaises, poétiques et engagés...portés par une voix profonde...

Et puis évidemment, Ayo ! Une voix soul, incroyable, unique, mais surtout une présence formidable sur scène : une énergie qui emporte le public ! Une présence à deux cent pour cent, la capacité d'être vraiment ici et maintenant et pas seulement de faire un show, un de plus, comme le font parfois, certains artistes...



J'ai loupé deux groupes formidables parce que j'étais au contrôle des billets : le Staff Benda Bilili, dont j'avais suivi l'épopée à travers le documentaire de Renaud Barret et Florent de la Tullaye en 2010...Mais les échos que j'en ai eu étaient très bons...Et puis un groupe Prowpuskovic, dont la voix du chanteur m'a fascinée sur les vidéos que j'ai regardées...tant pis !

C'était vraiment super de participer à cette grande machine, très bien organisée ! Bravo au service Culture de la ville ! C'est un boulot énorme, mais quel bonheur ! 

dimanche 18 mai 2014

Des élections ?



Quoi ? Encore des élections ?

Eh oui ! La semaine prochaine, on vote à nouveau. Cette fois-ci pour élire le parlement Européen.

On a l'impression que c'est loin, on a l'impression que cela ne nous concerne pas. Je le sais bien. J'ai parfois cette impression aussi : je serais bien incapable de citer précisément les députés actuels de ce lointain lieu de décision.

Pourtant, le parlement européen est le lieu où l'on décide des orientations, où l'on vote des lois importantes pour notre vie quotidienne : on caricature souvent ces lois, quand elles nous agacent, mais les normes européennes sont souvent un gage de qualité quand on fait ses courses, non ?

On peut parler aussi des aides budgétaires apportées aux agriculteurs, par le biais de la PAC. Je pense notamment aux aides destinées aux agriculteurs des régions de montagne et de moyenne montagne, qui en bénéficient, ce qui leur permet de faire des produits de qualité.

On peut aussi penser à la politique commerciale au sein de l'UE, de la gestion de la crise économique, de la sécurité aux frontières, à la gestion des conflits...Tout cela et bien plus encore...

On peut être pour ou contre tel ou tel programme, on peut s'informer, mais...on doit voter !